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Zone Ribereta, Ibon de Plan, Cruz et le secteur de Ribereta Ciega.

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calque transparent carte ortho secteur Ribereta carte ortho secteur Col de Ribereta
illustration zone R
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Délimitation de la zone R, Ribereta, Ibon de Plan, Cruz:

Au cœur de cette zone se niche Ibon de Plan (Basa la Mora), incontestablement l'un des joyaux de cette région. En altitude et au Sud du lac, épargné des visiteurs par la raide ascension d'une cheminée aux éboulis instables, se niche le vallon sauvage de la Ribereta Ciega, attachant par son aspect sauvage et sa population d'isards peu farouches.

Nous délimitons la zone spéléologique depuis le sommet du pico d'Espouy (Pico de las Bruixas) (2822m), en rotation horaire:
- En descendant l'arête quasi verticale au Sud du sommet pour rejoindre Collado de la Ribereta, puis en remontant la crête plein Sud vers Puntos Royos puis Punta es Litas et redescendre sans changer de cap vers le refuge de Lavasar,
- En obliquant au Nord Est en longeant le haut des vertigineuses falaises dominant de 900m le village de Plan, via les relais de télécommunications (1938m), pour traverser par un vague talweg Plandescún et rejoindre les rives du rio zinqueta un peu en aval de la digue de l'embalse de Plandescún,
- Remontons en rive gauche le rio Zinqueta jusqu'à Plan, puis celle du barranco Simierre,
Suivons toujours en montant, maintenant au Sud, la rive gauche du barranco de la Cruz, et croisons sans l'emprunter la piste reliant Plan au Collado de la cruz. Nous continuons au fond du barranco jusqu'à son origine,
- Nous progressons maintenant à vue vers Peña de las Once, (230°N) au travers de la Cazcarra. Nous accédons au sommet par un éperon rocheux à son Nord Est, puis trouvons celui de Peña de las Dies (2566m),
- Plein Sud nous rallions Punta Alta (Picollosa 2736m) via collada del Ibon, puis chevauchons la crête effilée de Cresta de Armeña pour rejoindre notre point de départ.

Nous venons de parcourir 24km et la surface en plan est de 2011ha.

La seule région prospectée ayant révélé des cavités est la Riberata Ciega où l'on trouve, autour des butes glaciaires cotées 2257m et 2305m, les entrées R91 à R99, sensiblement ventilées.

L'accès le plus évident est par l'Ibon de Plan où l'on peut remplir éventuellement les gourdes à une source au Sud Est de la cabane del Bacquer. L'ascension de la cheminée entre le lac et l'auge glaciaire de Ribereta Ciega est délicate avec un pesant chargement sur le dos.
Nous avons appris récemment (Mais pas encore emprunté) que la voie « normale » pour accéder à Ribereta Ciega était la vire bien visible dans la paroi Sud du cirque, débutant sous une cascatelle noircissant la paroi claire, et prenant de régulièrement de l’altitude.
Il serait inutile d’aller déclencher les éboulements dans la cheminée instable terminant cette paroi vers l’Ouest.

A notre connaissance, les travaux et publications sur ce secteur du massif sont peu nombreux.
Le seul compte-rendu connu est :

Extraits du rapport de l’expédition Savoie-Espagne, enregistrée 19/1999 par la CREI (FFS):

Cette expédition regroupait des adhérents des groupes Français : Ursus, Cavernicoles, SCS, en 1999.

5/7/99
On déménage pour installer le camp à 1900m au collado de Ibon.
Dans la foulée, Daniel part faire une reconnaissance sur Erreta de Las Brujas, une marche de 10km avec un col à 2500 et un à 2600m. Il revient inquiet de la faible évolution du karst et convaincu de la nécessité de bivouaquer plus proche des trous.
Carlos, Patrick et Jean montent sur la Ribereta Ciega, petite cuvette suspendue à 2300m, à lh30 de marche du camp.
Deux entrées à courant d'air sont repérées, la première désob commence, arrêt à -6m.

6/7/99
Sabine, Pascale, Daniel et Carlos montent et attaquent le déblaiement du trou N°2 de Ribereta Ciega (courant d'air plus fort) avec une efficacité effrayante. L'obstruction est franchie, 35m plus loin, la fracture est à nouveau bloquée.
Mélanie, Emilie, Jonathan et Colette, accompagnés de Patrick et Jean réalisent l’exploit d'atteindre les trous n°l et 2 pourtant défendus par un redoutable pierrier et un couloir.
D'autres entrées sont repérées par Daniel et Carlos dont le trou N°3, boyau fossile de 15m à poursuivre.
La zone nous paraît intéressante, hélas, les gardes forestiers viennent poliment nous rappeler le règlement :
Nous devons plier bagages. Une dernière nuit nous est accordée au refuge.

7/7/99
Patrick et Jean poursuivent la désob du trou N°l de Ribereta Ciega, après franchissement de l'obstruction, arrêt à -10 sur étroiture avec un puits derrière.
Carlos fouille la zone et fini l'explo du N°3.
Daniel trouve une perte très fortement ventilée qui demande 3 tirs pour passer (N°4).
Jean trouve un trou potentiel avec un petit courant d'air mais facile à ouvrir. (N°5).
Nouveau déménagement.

11/7/99
Patrick et Jean font une virée sur le trou N° 1 de Ribereta Ciega. Un premier tir peu efficace malgré un dosage généreux fait perdre un peu de temps (même fissuré, le calcaire résiste incroyablement à la broche et la massette).
Un deuxième tir au plafond donne un accès confortable au puits. Patrick descend (P18) et poursuit par un méandre qui continue... à suivre, -35 environ, courant d'air soufflant.
Pendant l'explo, Jean ouvre le N°5, arrêt dans un vieux méandre fossile au bout de 20-30m, une vieille concrétion attend ses coups de massette pour ouvrir la suite.
Ensuite, Jean attaque le N° 6, repèré antérieurement par Daniel. Il s'agit d'une ancienne perte bloquée par une trémie de blocs et de glace et parcourue par un fort courant d'air soufflant. L'obstacle est vite franchi. 7m de méandre plutôt large plus loin, il faut déblayer au sol pour poursuivre...

Dans le vallon suspendu de Ribereta Ciega, la surface karstifié apparente (donc accessible aux spéléos) est vraiment peu étendue. Elle se cantonne aux dizaines d’ares des mamelons herbeux émergeant des vastes pentes de pierriers alimentés en permanence par la gélifraction.
Néanmoins, l’intérêt de ce secteur est indéniable, la direction du pendage et l’orientation de la fracturation est conforme au Grand Massif.
Dans le « circo de Armeña », le transfert vertical ayant généré le réseau majeur (A8, -601m) s’est adapté au pendage inverse à l’orientation du niveau imperméable de base local. L’orientation du pendage à Ribereta est sensiblement en phase avec ce niveau …
Ce vallon encaissé, profond et étroit, représente certainement la plus puissante réserve de neige du Cotiella … et donc au printemps, un très important impluvium alimentant l’écoulement souterrain vers l’Ouest.
Une expédition en 2011 lèvera peut être un pan de voile de ce secteur mystérieux mais très attirant !

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